Par six fois, Dieu jugea que ce qu'il avait créé était bon.
Mais le bilan, au terme du sixième jour, est plus éloquent : c'était TRES bon !
Mais ce n'était pas pour autant parfait ...
Car le meilleur des mondes conçu par le Créateur n'était pas achevé puisque Son œuvre doit se poursuivre au septième jour avant de cesser Son activité :
« Et il acheva, Elohim, au septième jour, l'ouvrage qu'il avait fait.
Et il cessa, au septième jour, tout ouvrage qu'il faisait. »
(Genèse 2.2)
Pour achever Son œuvre, n'allait-il pas devoir associer l'homme à l'édifice ?
« Tu l’as fait de peu inférieur à Dieu, Et tu l’as couronné de gloire et de magnificence.
Tu lui as donné la domination sur les œuvres de tes mains,
Tu as tout mis sous ses pieds,
Les brebis comme les bœufs, Et les animaux des champs,
Les oiseaux du ciel et les poissons de la mer,
Tout ce qui parcourt les sentiers des mers. »
(Psaume 8.6-9 ~ Traduction Segond)
Créature "à l'image" de Dieu, conçue pour dominer la terre, l'homme allait connaître de multiples tribulations, confronté à la logique de la connaissance pour ne pas avoir respecté ce commandement :
« Mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n'en mangeras pas !
Car du jour où tu en mangeras, c'est la mort : tu mourras ! »
(Genèse 2.17)
Face à la problématique du bien et du mal, chacun peut s'interroger : le mal est-il compatible avec un monde TRES bon ?
Comment définir le bien ... sans le mal, ou le mal sans le bien ?
Dans un système où règne cette dualité, le premier n'a t-il pas besoin de l'autre pour exister ?
Les rabbins, s'interrogeant sur l'existence du mal dans la Bible, ont approfondi le raisonnement en considérant que le mal fait partie du bien.
Selon Rabbi Meïr, qui vécut au second siècle de l'ère chrétienne, la découverte de la plénitude de la vie passe par l'existence nécessaire de la mort.
Préludes de la mort : la vieillesse, la maladie ou la souffrance, peuvent permettre à l'individu de mûrir, de s'élever spirituellement.
« Considérez en toute joie, mes frères, les diverses épreuves que vous traversez.
Vous savez que la mise à l'épreuve de votre foi produit l'endurance. »
(Jacques 1.2-3)
En commençant ainsi son épître, l'apôtre Jacques invitait les chrétiens à grandir face aux épreuves.
Il connaissait les promesses de Jésus en faveur de ceux qui s'engagent sur cette voie.
« Au contraire d'eux, vous êtes ceux qui sont restés à mes côtés dans les épreuves.
Et je dispose du Royaume pour vous comme mon Père en a disposé pour moi. »
(Luc 22.28-29)
Ni l'homme, ni le monde créés ne sont parfaits au terme du sixième jour.
N'est-ce pas mieux ainsi ?
S'ils avaient été parfaits, tout serait-il pour le mieux dans le meilleur des mondes ?
Au lieu d'êtres vivants disposant du libre-arbitre et dignes d'amour, n'aurions nous pas été des robots, des mécaniques parfaitement huilées ?
Dieu aurait-il pu manifester Son amour envers de tels "objets" ?
Sans aucune possibilité de combat, de dépassement de soi, l'homme aurait-il pu s'améliorer ?
N'est-ce pas l'existence du mal qui va permettre, ensuite, d'obtenir un chef d'œuvre au terme d'un septième jour qui n'a pas fini de s'accomplir ?