Livre de LA GENESE ... Etudes et commentaires de la Bible



Un accord verbal

« C'est ainsi qu'il fut confirmé devant les fils d'Heth

que le champ, et la caverne qui s'y trouve,

sont possession funéraire d'Abraham. »

(Genèse 23.20)

Accord verbal

Un proverbe polonais, cité par Samuel Goldwyn, d'origine polonaise, nous enseigne :

"Un accord verbal ne vaut même pas le papier sur lequel il est écrit."

Samuel Goldwyn, comme tant d'autres, en a très certainement fait l'expérience au cours de sa vie et notamment dans le cadre de sa carrière de producteur cinématographique.

Il est facile de comprendre ce qu'il a voulu dire :

"Un accord verbal ne vaut rien !"

Mais puisqu'il est verbal, il n'est pas écrit.

Donc on ne peut se référer à la valeur du papier sur lequel il n'a pas été écrit.

Ce qui revient à dire que cet accord est écrit ... sur du vide.

Or quelle pourrait être la valeur du vide ?

La non réalisation d'un accord écrit peut résulter de la volonté des parties ... ou de l'absence de support écrit.

L'absence de support écrit pour réaliser un contrat peut sembler improbable de nos jours où l'on trouve du papier sans difficulté.

Mais au temps d'Abraham, il y a 4 000 ans, non seulement le papier n'existait pas, et la pratique de l'écriture était aussi rare que les supports susceptibles de consigner des accords écrits.

C'est donc la tradition orale, avec des accords verbaux, qui étaient les plus répandus.

Le texte de la Genèse qui relate les évènements au temps d'Abraham a été consigné par écrit bien plus tard.

Et là encore, c'est la tradition orale qui a permis la transmission, de génération en génération, du souvenir de ces évènements.

La tradition considère que c'est Moïse, qui vécut plusieurs centaines d'années par la suite, qui aurait écrit les cinq premiers livres de la Bible (la Torah) mais il est tout aussi valable de considérer que la Torah ait été rédigée ultérieurement par différents auteurs.

L'important n'est d'ailleurs pas de savoir qui en fut l'auteur humain ... si l'on admet que l'inspirateur de ces écrits est divin.

Bien souvent, le souvenir de la tradition orale ne suffira pas s'il n'est porté que par une seule personne.

Il fallait donc que la transmission orale s'appuie sur plusieurs personnes qui ont été témoins de l'évènement.

D'où la nécessité de préciser « C'est ainsi qu'il fut confirmé devant les fils d'Heth ... » c'est-à-dire devant des témoins oculaires.

Ainsi l'accord verbal était conclu et attesté par plusieurs personnes.

Quelle serait sa valeur ? Sa durée ? Combien de générations s'en souviendraient ?

Tout ceci paraît bien fragile ... mais comment fonctionner autrement en ces temps reculés ?

Cette fragilité du fait des hommes est liée à la faiblesse de la parole humaine.

L'être humain sait fort bien cacher le fond de sa conscience.

L'homme est peu digne de confiance, c'est pourquoi un accord écrit vaudra mieux qu'un engagement oral.

Il en irait autrement si les relations et comportements humains n'étaient fondés sur la dissimulation.

Malheureusement, nous sommes porteurs de l'héritage des premiers temps de l'humanité.

Le premier homme, Adam, ne s'est-il pas caché aux yeux de Dieu en s'imaginant que celui-ci ne pourrait le voir ?

« Je t’ai entendu dans le jardin, et j’ai eu peur car je suis nu, alors je me suis caché. » (Genèse 3.10)

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Traduction interlinéaire
de la Genèse

Chapitre 23 ~ Versets 23.1 à 23.20
1. La vie de Sarah dura cent vingt-sept ans, telles furent les années de Sarah.

2. Sarah mourut à Kiriath Arba, c'est-à-dire Hébron, en terre de Canaan, et Abraham vint se lamenter pour Sarah et la pleurer.

3. Abraham se releva au-dessus de sa défunte puis alla parler aux fils de Heth pour leur dire :

4. « Je séjourne en visiteur parmi vous. Donnez-moi une propriété funéraire parmi vous et j'enterrerai ma défunte près de moi. »

5. Les fils de Heth répondirent à Abraham en lui disant :

6. « Ecoute-nous ! Mon Adonaï, prince d'Elohim au milieu de nous, enterre ta défunte dans une de nos tombes selon ton choix ! Aucun homme parmi nous ne refusera son tombeau pour que toi tu enterres ta défunte. »

7. Abraham se leva et s'inclina devant le peuple de ce territoire : les fils de Heth.

8. Alors il leur parla en leur disant : « Si vous avez à l'esprit que j'enterre ma défunte près de moi, écoutez-moi ! Et intercédez pour moi auprès d'Ephron, fils de Zohar !

9. Et il me donnera la caverne de Macpéla qui est à lui, qui se trouve à l'extrémité de son champ, contre sa pleine valeur en argent. Il me la donnera au milieu de vous comme propriété funéraire. »

10. Ephron était assis parmi les fils de Heth. Ephron le Hittite répondit à Abraham. Les fils de Heth, et tous ceux qui avaient franchi la porte de sa ville, l'entendirent qui disait :

11. « Non, mon Adonaï, écoute-moi ! Le champ, je te le donne. Et la caverne qui s'y trouve, je te la donne. Aux yeux des fils de mon peuple, je te la donne. Enterre ta défunte ! »

12. Abraham s'inclina face au peuple de ce territoire.

13. Puis il s'adressa à Ephron, et le peuple de cette terre l'entendit qui disait : « Si tu voulais bien m'écouter. Je te donne l'argent du champ, accepte-le de moi ! Ensuite, j'enterrerai ma défunte. »

14. Ephron répondit à Abraham en lui disant :

15. « Mon Adonaï, écoute-moi ! Qu'est-ce qu'une terre de quatre cents pièces d'argent entre toi et moi ? Enterre-la ta défunte ! »

16. Abraham comprit Ephron, aussi Abraham pesa pour Ephron l'argent que celui-ci avait évoqué aux oreilles des fils d'Heth : quatre cent pièces d'argent au cours du marché.

17. Il fut ainsi conclu que le champ d'Ephron qui est à Macpéla, en face de Mamré, le champ et la caverne qui s'y trouve, ainsi que tout arbre du champ et en limite tout autour,

18. soit acquis par Abraham aux yeux des fils d'Heth et de tous ceux qui avaient franchi la porte de sa ville.

19. Après ceci, Abraham enterra Sarah son épouse dans la caverne du champ de Macpéla, face à Mamré, c'est-à-dire Hébron, en terre de Canaan.

20. C'est ainsi qu'il fut confirmé devant les fils d'Heth que le champ, et la caverne qui s'y trouve, sont possession funéraire d'Abraham.