Livre de LA GENESE ... Etudes et commentaires de la Bible



Le mépris de Hagar

« Et il alla vers Hagar qui fut enceinte.

Voyant qu'elle était enceinte,

sa maîtresse fut désestimée à ses yeux. »

(Genèse 16.4)

Le mépris

Saraï était âgée et n'avait pu donner d'enfant à Abram.

Etre stérile, dans un monde où il importait de donner la vie à de nombreux enfants (car la moitié décédait avant l'âge de cinq ans) pour assurer la survie du clan familial, était considéré comme une tare.

Hagar, la servante, croit monter dans l'échelle sociale au-dessus de sa maîtresse puisqu'elle attend un enfant du propre mari de sa maîtresse : Abram.

Elle se permet donc de manifester du mépris envers celle qui n'a pu satisfaire le désir d'enfant de son mari.

Dans le monde de l'Antiquité, la fécondité était souvent considérée comme un don divin.

D'un point de vue biblique, avoir des enfants répond à la volonté de Dieu annoncée dès le commencement :

« Fructifiez ! Multipliez ! Remplissez la terre et maîtrisez-la ! » (Genèse 1.28)

Pour un croyant, ne pas avoir d'enfant peut être considéré comme une obstruction au plan de Dieu.

Auquel cas le couple affligé par la stérilité va prier afin qu'il y soit mis fin.

Dans les croyances primitives, il fallait parfois procéder à des rites ou à des sacrifices pour mettre un terme à ce qui pouvait être considéré comme une malédiction.

Quand un couple ne parvenait pas à avoir d'enfant, la responsabilité de la stérilité retombait toujours sur la femme qui était souvent répudiée.

Sa condition sociale devenait alors très dure : la stérilité étant une honte et une malédiction, la femme abandonnée était condamnée à une existence précaire, à la mendicité, ou à la prostitution.

Dans la Bible, les femmes des grands patriarches sont toutes stériles : Saraï, Rebecca et Rachel enfantent après des interventions divines.

Par la suite, de grands personnages d'Israël naissent souvent de femmes réputées stériles : Samson, Samuel, et jusqu'à Jean le Baptiste.

Quel sens donner à cette fréquente stérilité pour de tels personnages ... qui se sont pourtant révélés être des piliers de la foi ?

Quelle était la volonté de Dieu ?

La stérilité pourrait être considérée comme une infirmité consécutive à un péché comme certains peuvent le penser :

« Rabbi, qui a péché pour qu'il soit né aveugle, lui ou ses parents ? » (Evangile selon Jean 9.2)

Lorsque Jésus entendit cette question de ses disciples à propos d'un aveugle, d'un infirme, sa réponse fut nette :

« Ce n'est ni lui, ni ses parents, mais c'est afin que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. » (Jean 9.3)

Que l'on soit aveugle ou stérile de naissance, ou porteur de toute autre affection, ne doit pas nous orienter vers le mépris, et encore moins la condamnation de l'individu.

Bien au contraire, comme le fit Jésus, nous devons nous tourner vers Dieu afin qu'il procède à la guérison.

C'est ainsi que Dieu manifesta sa gloire en guérissant de nombreux infirmes, mais aussi en donnant naissance aux enfants de Saraï, Rebecca ou Rachel, ou encore avec Samson, Samuel ou Jean le Baptiste.

Car « à Dieu tout est possible ! » (Matthieu 19.26)

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Traduction interlinéaire
de la Genèse

Chapitre 16 ~ Versets 16.1 à 16.16
1. Saraï, la femme d'Abram, ne lui avait pas donné d'enfant. Elle avait une servante égyptienne du nom de Hagar.

2. Saraï dit alors à Abram : « Voici donc ! JHVH m'a privée de pouvoir enfanter. S'il te plaît, va vers ma servante. Peut-être que je concevrai par elle. » Et Abram écouta la voix de Saraï.

3. Et Saraï, la femme d'Abram, prit Hagar, sa servante Egyptienne, dix ans après qu'Abram se soit installé en terre de Canaan, pour la donner comme femme à Abram, son homme.

4. Et il alla vers Hagar qui fut enceinte. Voyant qu'elle était enceinte, sa maîtresse fut désestimée à ses yeux.

5. Alors Saraï dit à Abram : « Mon tort retombe sur toi. C'est moi qui ai mis ma servante sur ton sein. Et en voyant qu'elle était enceinte, j'ai perdu de l'estime à ses yeux. JHVH sera juge entre moi et toi. »

6. Abram dit à Saraï : « Voici ! Ta servante est entre tes mains ! Fais lui ce qui est bon à tes yeux. » Alors Saraï l'humilia, et elle s'enfuit loin de sa face.

7. Un messager de JHVH la trouva près d'une source d'eaux dans le désert, la source qui est sur la route de Shour.

8. Et il dit : « Hagar, servante de Saraï, d’où viens-tu ? Où vas-tu ? » Elle dit : « Je fuis loin de la face de Saraï, ma maîtresse. »

9. Le messager de JHVH lui dit : « Retourne auprès de ta maîtresse pour te remettre entre ses mains ! »

10. Puis le messager de JHVH lui dit : « Je fais croître : je ferai de ta semence une telle multitude qu'elle ne pourra être dénombrée. »

11. Le messager de JHVH lui dit encore : « Te voici enceinte et tu vas enfanter d'un fils. Tu lui donneras le nom d'Ishmaël, car JHVH a eu connaissance de ton humiliation.

12. Cet homme ressemblera à un âne sauvage, sa main partout, et toute main contre lui. Et il demeurera face à tous ses frères. »

13. Alors, elle proclama le nom de JHVH qui lui avait parlé. « Tu es le Dieu qui m'a vue ... » dit-elle « ... j'ai vu plus ici que je ne verrai par la suite. »

14. Aussi a-t-on appelé ce puits « Le Vivant qui me voit », c'est ici, entre Kadesh et Bered.

15. Ensuite, Hagar enfanta un fils pour Abram, et Abram appela son fils du nom d'Ishmaël. C'est celui que Hagar enfanta.

16. Abram avait quatre-vingt-six ans quand Hagar enfanta un fils pour Abram : Ishmaël.